Danse

Le Lac des Cygnes au cinéma

French version only

lac

Il y a deux mois, je vous avais parlé avec enthousiasme de mon premier ballet à l’Opéra Garnier. Cette excellente expérience a eu quelques répercussions sur moi dans les semaines suivantes, dont l’une a été la décision de suivre de près la saison 2016/2017 à Garnier et Bastille.  Et en ce mois de décembre, un célèbre ballet est dansé à Bastille : Le Lac des Cygnes.

Le Lac des Cygnes est un  ballet en 4 actes dont la musique a été composée par le célèbre Piotr Ilitch Tchaïkovski.

Il y a quelques années, j’avais déjà vu une représentation de ce ballet, par une troupe russe, au Palais des Congrès. Mais en me renseignant, sur celle qui serait présentée par la troupe de l’Opéra de Paris, je me suis rendue compte qu’il existait différentes versions de ce ballet, avec notamment des changements sur la fin. Celle dansée à Bastille, a été chorégraphiée par le russe Rudolf Noureev en 1984, qui avait été danseur étoile à l’Opéra de Paris et Maître de Ballet. De ce que j’ai appris, sa chorégraphie est réputée pour être très difficile car très technique, notamment dans le 3ème acte.

Mais, revenons au ballet.

Celui-ci raconte l’histoire du Prince Siegfried qui ayant atteint sa majorité, se voit annoncer par sa mère qu’il devra choisir sa future épouse à son bal d’anniversaire prévu le lendemain. N’acceptant pas de ne pouvoir choisir sa future femme par amour, il s’en va dans la forêt armé de son arbalète. Il voit alors plusieurs cygnes, et au moment de tirer sur l’un deux, il aperçoit une belle jeune femme vêtue de plumes blanches : Odette. Elle lui raconte alors, qu’un sorcier, Rothbart, lui a jeté un sort : cygne le jour et femme la nuit. La seule façon de briser le sort est qu’un homme lui donne son amour et l’épouse. Siegfried, qui est tombé amoureux d’elle, lui en fait la promesse. Le lendemain, lors du bal, Siegfried repousse toutes les femmes qui sont présentées à lui sauf une, celle accompagnant Rothbart et qui apparaît en cygne noir : Odile. Celle-ci est en fait la fille du sorcier et est aussi le sosie d’Odette.  Le prince la voyant, pense voir Odette et lui déclare son amour et annonce son vœu de l’épouser.  Au moment de la célébration des noces, la vraie Odette apparaît et le prince comprend qu’il a été abusé par Rothbart et Odile.

A partir de là, plusieurs fins existent (source Wikipédia) :

  • L’amour véritable d’Odette et de Siegfried vainc von Rothbart, le prince lui coupe une aile et il meurt.
  • Siegfried ayant déclaré son amour à Odile, il condamne, sans le savoir, Odette à demeurer un cygne pour toujours. Réalisant que ce sont ses derniers instants en tant qu’humaine, elle se suicide en se jetant dans les eaux du lac. Le prince se jette lui aussi dans le lac. Cet acte d’amour et de sacrifice détruit Von Rothbart et ses pouvoirs, et les amants s’élèvent au paradis en une apothéose.
  • Siegfried court au lac et supplie Odette de lui pardonner. Il la prend dans ses bras mais elle meurt. Les eaux du lac montent et les engloutissent.
  • Siegfried ayant déclaré son amour à Odile, il condamne, sans le savoir, Odette à demeurer un cygne pour toujours. Odette s’envole sous la forme d’un cygne et Siegfried est abandonné dans le chagrin et la douleur lorsque le rideau tombe.

Même si c’est surtout la fin qui change, il faut aussi avoir en tête que le déroulement de l’histoire peut varier.

La version que j’avais vue au Palais Garnier comprenait un bouffon, dans la version de Noureev celui-ci est « remplacé » par le précepteur du prince, Wolfgang. Ce dernier a un rôle ambiguë car le danseur interprétant ce rôle, est le même que Rothbart.  Ou encore, dans la version du chorégraphe russe,  l’apparition du lac et d’Odette s’apparente à un rêve, alors que ce n’est pas le cas dans toutes les versions.

La fin que j’avais vue au Palais des Congrès avait été la première. Le ballet se terminait donc bien.  Par contre celle de l’Opéra Garnier est beaucoup plus tragique. Le Prince, en déclarant son amour à Odile, condamne Odette à rester un cygne pour toujours. Le prince retourne au lac pour se faire pardonner mais il est trop tard. Rothbart enlève Odette sous les yeux du prince, qui impuissant ne peut que se noyer dans son chagrin.

 

Du coup, ne connaissant pas cette version et surtout souhaitant voir ce ballet dansé par une « vraie » troupe, je voulais absolument aller à ce ballet. Malheureusement, entre la forte demande (c’est peut-être un des ballets les plus célèbres), et le prix exorbitant des places (si vous ne les prenez pas le jour de la mise en vente, les prix les plus bas ne sont plus disponibles), il m’a été impossible de me procurer un billet à un prix convenable.  Je me suis donc rabattue sur la projection mondiale faite dans les cinémas UGC à Paris. Pour 30 euros, vous pouvez aller voir des opéras en direct projetés au cinéma. Par ailleurs, si vous avez une carte UGC, vous pouvez même y aller pour moins cher. Ainsi, après une toute petite hésitation, j’ai pris une place.

Et bien, je n’ai aucun regret. Je me doute que c’est une expérience différente que celle de voir un ballet en « vrai »  mais elle m’a, pour ma part, enchantée.

Arrivée au cinéma, une hôtesse m’a remis un petit fascicule où l’histoire du ballet est racontée par acte. Ensuite, je n’avais plus qu’à m’installer dans la salle (les places ne sont pas numérotées comme au cinéma) et attendre le début.  Un décompte sur l’écran est apparu et les images de l’Opéra Bastille étaient déjà diffusées en direct. Quelques minutes avant la levée du rideau, Aurélie Dupont, Directrice de Danse de l’Opéra de Paris,  est apparue en directe des coulisses où elle a interviewé deux danseurs (François Alu (1er danseur)/Rothbart ; Amandine Albisson (Etoile)/Odette-Odile). Et à 19h30 précise : Arrivée du chef d’orchestre, levée du rideau et début du ballet !

Je pensais que l’effet écran me gênerait mais en fait pas du tout. J’ai réussi à me plonger complètement dans le ballet. Et, un des avantages à ces retransmissions, c’est que vous avez plusieurs points de vue. Celui d’un premier rang, donc vous pouvez bien voir les pas de danses et le jeu d’acteur des danseurs mais aussi un point de vue d’ensemble et un point de vue balcon. Ces derniers permettent de mieux apprécier les danses du Corps de Ballet. Toutes les parties « lac » ont été magnifiquement filmées. J’ai pu admirer les alignements et la synchronisation des danseuses : C’était merveilleusement beau. J’avais vraiment l’impression de voir des cygnes. Parfois, il y avait même des gros plans sur les jambes de celles-ci, pour nous montrer toute la technicité des pas.  Et ce que j’ai adoré dans cette expérience ciné, c’est qu’on entend les pas des danseurs. Cela ne semble peut être  qu’un détail mais cela donne un effet plus réel, comme si on y était.  J’ajouterais également qu’au niveau de la sonorisation, tout était bien rendu.

A l’entracte, Aurélie est revenue avec cette fois un autre danseur (Mathieu Ganio (Etoile)/Siegfried). Et quelques minutes plus tard, l’acte 3 commençait. Il est réputé comme étant l’un des plus difficiles et croyez-moi, si vous avez l’occasion de voir  cette version, même en n’étant pas balletomane, vous le sentez. C’est l’acte du cygne noir, où la danseuse étale ici toute sa technique.

Je n’ai pas vu le temps passé et pourtant, le ballet a duré presque 3 heures avec l’entracte. Mais voilà, l’histoire est prenante et les danseurs ont été supers.  J’ai trouvé le corps de ballet très bon que ce soit dans les scènes du lac mais aussi dans les scènes au Palais. Le pas de trois avec le trio de danseurs (Louvet/O’Neill/Baulac) a été un plaisir à regarder. Pour le trio des rôles principaux, j’ai trouvé Ganio moins vif que ce que j’avais vu de lui (mais c’est peut-être le rôle naïf du prince qui fait ça), Alu est magnétique. C’est un plaisir de le voir danser. Lorsqu’il exécute ses sauts, vous avez l’impression qu’il vole. Albisson, a très bien interprété une Odette torturée et une Odile mesquine. Je l’ai peut-être trouvée un peu rigide mais là encore n’étant pas une spécialiste c’est peut être normal. Je ne donne ici que mon ressenti. Par ailleurs, c’est la première fois que je voyais cette version du ballet, par cette troupe. Peut-être qu’avec d’autres danseurs, j’aurais un tout autre ressenti.

En tout cas, cela n’avait rien avoir avec mon premier lac où seuls 2 danseurs sortaient du lot. Ici, les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet ont montré que l’Opéra de Paris était une très grande troupe de danse et l’une des meilleurs du monde. Et l’expérience ballet au cinéma a été plus que positive.  Je renouvellerai l’expérience,  d’autant plus que d’autres retransmissions sont prévues pour des ballets que je souhaite voir.  Le prochain est prévu en février : Cosi Fan Tutte.

Pour plus d’informations, sur la saison 2016/2017 et les cinémas participants aux retransmissions (à Paris ou en Province) allez sur le site : Viva l’Opéra

Pour conclure, si vous souhaitez voir une représentation d’un ballet et d’un opéra et que vous ne vivez pas à Paris, ou que vous n’avez pas les moyens de payer cher pour le voir en « vrai », n’hésitez pas à y aller au cinéma. C’est très abordable, et les changements de points de vue des caméras, vous permette de l’apprécier dans son ensemble.

B

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