Danse

Une première à l’Opéra

French version only

Ballet à l’Opéra Garnier (ou comment un achat compulsif s’est transformé en une super première à l’Opéra)

J’ai eu du mal à débuter cet article car je ne savais pas trop par quel bout le prendre, et au final il n’a pas du tout tourné comme je le pensais. Je voulais partager mon opinion sur le ballet que j’avais vu à l’opéra, mais comme vous le verrez par la suite, ça n’a pas tout à fait été ça.

Tout à commencer, il y a quelques jours. Je m’apprêtais à aller me coucher, quand j’ai décidé de faire un dernier tour sur Facebook. Et là, une pub de la page Opéra de Paris s’est affichée, avec une vidéo d’un nouveau ballet intitulé Seghal/Peck/Forsythe/Pite.  Les connaisseurs reconnaîtront des noms de chorégraphes et les autres se diront que c’est un titre peu commun pour un ballet.

Je suis donc tombée sur cette vidéo, et ne me demandez pas pourquoi, j’ai cliqué dessus et l’extrait du ballet présenté m’a scotchée. La vidéo avait duré moins de 2 minutes mais cela avait suffi.

La fameuse vidéo

 

Sur le coup, j’ai pensé que cela aurait pu être intéressant d’y aller (je pensais que les représentations étaient déjà passées). Et puis, je suis allée lire les commentaires (ne cherchez pas de logique ici, en allant les lire je pensais que cette envie me passerait), et les avis étaient unanimement positifs. C’est là qu’un commentaire a fait tilt. Une personne demandait si d’autres représentations allaient être ajoutées car tout était complet. La page de l’opéra a répondu qu’il était possible d’aller sur leur site « la bourse aux billets » car des places étaient parfois revendues. J’ai alors compris ma méprise sur les dates. Les représentations continuaient jusqu’à la fin de la semaine.

A partir de ce moment, tout est allé très vite. La femme impulsive en moi a pris le contrôle et en  moins de 5 minutes, j’étais sur le site, inscrite, et j’actualisais la page pour voir si une place était disponible. Et bien, croyez-le ou non mais une place est apparue.  J’ai tenté vainement de l’ajouter à mon panier pendant 10 minutes avant d’abdiquer… Enfin pas vraiment.  J’avais éteint mon PC et avais fini par mettre tout ça derrière moi, quand une petite voix m’a susurrée « juste une dernière fois ». Du coup, sur mon téléphone portable, je suis retournée sur le site, j’ai tenté d’ajouter la place et là : BINGO !

En résumé, j’ai rallumé mon PC, j’ai pris la place et 30 minutes après avoir vu la vidéo sur Facebook,  j’étais en possession d’une place pour ce ballet.

Cependant, une fois la place en ma possession, enfin presque en ma possession, je me suis demandée si je n’avais pas réagi trop vite. (C’est là que la femme impulsive m’a quittée et que la femme raisonnable s’est réveillée en mode « qu’est-ce que t’a foutu ?! »)

Pourquoi ?  Revenons sur ce site : la Bourse aux billets. C’est un site officiel pour l’achat et la revente de billets des spectacles des différents opéras de Paris.

En gros, si vous n’avez pas réussi à avoir des places via la billetterie, vous pouvez aller sur ce site,  vous inscrire et voir si des particuliers ne revendent pas leurs places. Vous pouvez également ajouter des alertes qui vous enverront un mail, dès qu’une annonce de revente est postée pour le spectacle et la date de votre choix.

Dans mon cas, la place était revendue à son prix original mais j’avais vu d’autres annonces où le prix baissait jusqu’à 50% ! Par contre, ça part très très vite.

Il y a alors 2 possibilités lors de l’achat des places, soit c’est un billet électronique et à ce moment-là, au paiement vous recevez directement votre e-billet, soit c’est un billet cartonné et là c’est différent.

Je me suis retrouvée dans ce dernier cas, et après le paiement la question était de savoir ce qui allait se passer.

Finalement, cela a été très simple et j’ai trouvé le système assez astucieux. Lorsque vous payez, le paiement ne va pas directement au revendeur. Vous recevez un mail avec un code, que vous devez donner au revendeur au moment où il vous donne la place. De son côté, il a aussi un code et c’est seulement lorsqu’il aura votre code, qu’il pourra recevoir son argent. Il est donc évident que tant que vous  n’avez pas eu votre place, le code est à vous et à vous seul.

J’ai eu de la chance de tomber sur une femme très gentille qui m’a contactée tout de suite après avoir effectué l’achat et on a convenu assez rapidement d’un rendez-vous. Tout s’est très bien passé. J’ai eu ma place, je lui ai donné son code et elle a bien été payée.

Je trouve que ce site est une très bonne initiative. Cela démontre une volonté de limiter le marché noir et/ou les reventes illégales. Je rappelle qu’il est interdit de revendre une place de tout événement plus cher que le prix original payé. Et puis, c’est plus facile d’avoir un site officiel de revente pour trouver son bonheur quand on est passé à côté d’un événement intéressant, que d’errer sur internet en espérant tomber sur une annonce raisonnable. Je pense que d’autres sites de billetterie devraient prendre exemple et faire de même.

Au final, une fois ma place en main, j’étais rassurée et je n’avais qu’une hâte voir ce fameux ballet.

 

4 jours plus tard, le jour J a fini par arriver.

L’Opéra Garnier conseillait d’arriver au maximum 30 minutes avant le début de spectacle, mais je suis arrivée un peu plus tôt car des « situations scénographiques » dans les lieux publics de l’opéra étaient organisées.  Et effectivement, une fois passée les portiques de sécurité, une dizaine de figurants vêtus en hôte/hôtesse d’accueil nous accueillaient en dansant et en chantant « This is so contemporary… contemporary …contemporary… » (vidéo). Cela sortait complètement de l’ordinaire et  interpellait les spectateurs.  Super accueil.  Je n’ai vu que celui-là mais il y en avait d’autres dans les autres espaces (publics) de l’opéra.

Je vous passe mon émotion d’être enfin à l’intérieur de l’Opéra Garnier. C’était ma première fois. C’est beau. Je n’ai pas été déçue et j’avais vraiment l’impression d’être dans un lieu rempli d’histoire. Il faut absolument que je visite cet endroit un jour.

Arrivée dans la salle, je me suis aperçue que j’étais très bien placée, en orchestre à 9 rangs de la scène. J’ai pris quelques photos du plafond et du magnifique lustre de la salle.  14658318_10154600898882726_157309740_n

Et puis, le spectacle a fini par débuter.

Il se découpe en 4 chorégraphies d’où le titre du ballet avec les noms des 4 chorégraphes.

La première, In Creases,  assez courte (env. 15 min) était de Justin Peck.

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Photo officielle de  Sébastien Mathé / OnP

La scène était simple, avec juste 2 pianos où les pianistes jouaient en live. Les danseurs étaient en tenue de danse basique (d’entraînement ?) gris et blanc.  Je ne suis pas une spécialiste donc je ne saurai pas entrer dans les détails techniques ou autres… Tout ce que je peux dire c’est que cette entrée en matière m’a happée. Ayant acheté le programme, je vous cite un des passages qui résume bien mon ressenti « Dans ce ballet, les mouvements des corps et de la musique semblent être en communication directe sur la scène. […] les danseurs dans In Creases ne s’arrêtent presque jamais. Leurs mouvements se succèdent en un flux continu, ce qui prête à l’œuvre une intensité envoûtante. Quand le rideau se baisse, […], le public a l’impression de s’éveiller d’un songe. » (Julia Bührle – Programme du ballet).

Photos de In Creases

La deuxième,  Blake Works I, plus longue (env. 25min) et une des principales chorégraphies du ballet, est de William Forsythe.

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Photo officielle de Ann Ray / OnP

Elle se danse sur des chansons de James Blake, tiré de son dernier album The Colour in Anything (2016). A partir de là, ça en était déjà fini de moi. Pas de décors. Juste les danseurs, en tenue de danse simple bleue, la musique et des effets d’ombres et de lumières. Sublime. Ce qui m’a tout de suite interloqué : la musique de James Blake n’était pas du classique. Au contraire, elle avait des sonorités parfois électro, voire jazzy ou groovy. Et quand, les danseurs sont arrivés dans leur tenue, je ne m’attendais pas du tout à entendre ce genre de musique. La chorégraphie alliait des mouvements classiques de la danse (classique) à des mouvements plus modernes, qu’il serait possible de voir en boîte de nuit.  « La pièce se déroule dans une succession de séquences courtes aux configurations variées qui se renouvellent à chaque entrée sur scène,  à partir d’un même motif initial ; une bribe de chanson, interprétée par James Blake, aux humeurs et tonalités différentes. Le solo se transforme en duo, puis en trio, quatuor, septuor avant de s’achever dans un final où l’ensemble des danseurs occupe l’espace scénique dans une explosion de vélocité et d’énergie. […] Forsythe explore le code néo-classique en le confrontant aux influences jazz et styles de danses urbaines » (Biliana Vassileva – Programme du ballet). J’ai adoré.

Photos de Blake Works I

Un des morceaux utilisés : I need a forest fire – James Blake

20 minutes d’entracte.

La troisième,  The Seasons ‘ Canon,  SUBLIMISSIME.

Je pourrais m’arrêter là… je pense que je n’ai pas les mots pour décrire cette chorégraphie. Elle est signée Crystal Pite sur une musique de Max Richter qui a revisité les 4 saisons de Vivaldi.

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Photo officielle de Julien Benhamou / OnP

Les danseurs étaient nombreux. Ils étaient en baggy/larges pantalons et hauts transparents couleur chair pour les femmes, torses nus pour les hommes.  La chorégraphie était magique, parfois très structurée et parfois complètement éclatée. Pas de réels décors ici non plus. Les 4 saisons, défilaient grâce aux changements de couleurs et de formes sur la toile de fond. J’ai été subjuguée et j’ai dû ressentir milles émotions que je ne saurais décrire. Il y avait un côté fantastique, comme si j’étais dans un autre monde et que j’observais un autre peuple venu d’ailleurs qui me racontait son histoire au fil du temps.  Dans les critiques, il parle du côté végétal de la pièce et avec du recul c’est vrai. Si vous voulez vous faire une meilleure idée, allez ICI, je trouve qu’elle décrit très bien la pièce. C’était extraordinaire. Pour finir, je vais citer la chorégraphe «  Cette pièce est un geste, une offrande. C’est autant ma manière de faire face à l’immensité et à la complexité du monde naturel, qu’une manière de lui exprimer ma gratitude ». Crystal Pite. Merci vraiment.

Photos de The Seasons’ Canon


La quatrième et dernière chorégraphie, (sans titre),  de Tino Seghal a un côté ludique. La musique débute mais le rideau ne se lève pas. Les lumières de la salle commençaient à faire n’importe quoi, jusqu’à ce que je comprenne qu’elles suivaient la musique. Puis, c’est au rideau et enfin à la scène d’entrer dans le jeu. Cela permet d’apercevoir les dessous du décor. Les danseurs finissent par arriver directement des coulisses avant de se retrouver dans le public. Au final, ils sortent pour se diriger vers l’entrée principale et le public ne peut que les suivre. Ils terminent dans le hall d’entrée, par un chant a capella avant de nous quitter.

 

Ce fut une soirée inoubliable pour moi. Et, encore aujourd’hui, au moment où j’écris, je ne pense pas m’en être remise. J’aimerai tellement le revoir pour bien imprimer tous les mouvements, toutes les subtilités, voir tout ce que je n’ai pas vu ou revoir ce qui m’a subjuguée. Les danseurs étaient parfaits. Rien à voir avec le lac des cygnes que j’avais vu au Palais des Congrès avec une troupe russe où seuls deux danseurs sortaient du lot.

Là, ils étaient tous bons et beaux. J’avais oublié à quel point c’était beau de voir des danseurs aussi doués. J’aimerai tellement avoir les mots pour décrire et exprimer tout ce que je ressens mais je ne les ai pas.

Je ne terminerai que sur une chose. Aller voir un ballet à l’opéra, ça vaut vraiment le coup.

B.

 

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